Assurance emprunteur : vers une harmonisation européenne en 2026 ?

Vers une assurance emprunteur « européenne » ? Ce que
l'harmonisation UE pourrait changer dès 2026

Assurance emprunteur
02.02.2026
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En tant qu’emprunteur français, vous avez sans doute entendu parler des évolutions récentes du marché de l’assurance de prêt immobilier. Entre la loi Lemoine et ses promesses d’économies substantielles, les débats s’animent autour d’une question plus vaste : et si l’Europe décidait d’harmoniser les règles en matière d’assurance emprunteur ? Cette perspective, qui semblait lointaine il y a encore quelques années, pourrait bien devenir réalité dès 2026. Décryptage des enjeux et des changements potentiels qui pourraient transformer votre parcours d’emprunteur.

L'Europe et le crédit immobilier : un cadre déjà partiellement harmonisé

La directive 2014/17/UE : le socle européen du crédit immobilier

Contrairement aux idées reçues, l’harmonisation européenne du crédit immobilier n’est pas un concept nouveau. Depuis 2014, la directive 2014/17/UE du Parlement européen encadre déjà les contrats de crédit relatifs aux biens immobiliers à usage résidentiel dans toute l’Union européenne. Cette réglementation, transposée en droit français en 2016, visait à créer un véritable marché intérieur du crédit avec un niveau élevé et uniforme de protection des consommateurs.

La directive a notamment instauré la fiche d’information standardisée européenne (FISE), permettant aux emprunteurs de comparer plus facilement les offres de crédit dans différents pays membres. Elle a également renforcé les obligations des prêteurs en matière d’évaluation de la solvabilité et d’information précontractuelle. Toutefois, un élément crucial est resté largement à la discrétion des États membres : l’assurance emprunteur.

Un marché fragmenté aux pratiques hétérogènes

Aujourd’hui, les disparités entre pays européens en matière d’assurance de prêt immobilier demeurent considérables. En France, l’assurance emprunteur représente fréquemment jusqu’à 35 % du coût total d’un crédit, alors que dans certains pays nordiques, cette protection est soit facultative, soit structurée de manière radicalement différente.

Les écarts concernent également les modalités de calcul des cotisations, les garanties couvertes, et surtout la liberté de choix offerte aux emprunteurs. Si la France a progressivement ouvert son marché avec les lois Lagarde, Hamon, Bourquin puis Lemoine, d’autres pays européens conservent des systèmes beaucoup plus fermés où l’assurance groupe bancaire demeure quasi obligatoire dans les faits.

Les initiatives européennes récentes : vers une standardisation ?

Le contexte réglementaire de 2026

L’année 2026 marque un tournant potentiel pour plusieurs raisons. D’une part, la directive (UE) 2023/2225 sur les contrats de crédit aux consommateurs entre en application le 20 novembre 2026. Bien qu’elle concerne principalement le crédit à la consommation, elle témoigne de la volonté européenne d’harmoniser davantage les pratiques financières.

D’autre part, une ordonnance française du 5 janvier 2026 encadre désormais la commercialisation à distance des produits financiers, y compris l’assurance emprunteur. Cette transposition d’une directive européenne de novembre 2023 impose aux plateformes en ligne de garantir un accès facile et permanent au droit de rétractation, renforçant ainsi la protection des consommateurs dans l’environnement numérique.

La BCE et l’harmonisation des critères d’octroi

Parallèlement aux évolutions législatives, la Banque centrale européenne (BCE) pousse pour une harmonisation des règles d’octroi du crédit immobilier. Comme le révèle l’analyse de BoursedesCrédits, la BCE souhaite notamment que les banques françaises renforcent l’usage du ratio LTV (Loan To Value), déjà norme dans la majorité des pays européens.

Cette approche pourrait indirectement impacter le secteur de l’assurance emprunteur. En effet, si les critères d’analyse du risque évoluent au niveau européen, les modalités de tarification et les garanties exigées par les assureurs pourraient également être amenées à converger.

Bon à savoir : Le ratio LTV (Loan To Value) mesure le rapport entre le montant emprunté et la valeur du bien immobilier. Un LTV de 80 % signifie que vous empruntez 80 % de la valeur du bien. Cette méthode, privilégiée en Europe, diffère du modèle français basé sur le taux d’endettement (LTI – Loan To Income).

Quels changements concrets pour les emprunteurs français ?

Une potentielle libéralisation accrue du marché

Si l’Europe décidait d’harmoniser les règles de délégation d’assurance emprunteur, la France pourrait servir de modèle. La loi Lemoine, qui autorise depuis 2022 la résiliation à tout moment sans frais, représente l’une des législations les plus protectrices d’Europe pour les emprunteurs.

Une directive européenne pourrait imposer ce même niveau de liberté dans l’ensemble des pays membres, créant ainsi un véritable marché unique de l’assurance emprunteur. Les conséquences seraient multiples :

  • Concurrence transfrontalière : Les assureurs de différents pays européens pourraient proposer leurs contrats aux emprunteurs français, et inversement.
  • Harmonisation des garanties : Une standardisation des garanties minimales (décès, PTIA, invalidité) faciliterait la comparaison entre offres européennes.
  • Pression à la baisse sur les tarifs : L’élargissement de la concurrence pourrait entraîner une réduction des cotisations, particulièrement pour les profils à faible risque.
  • Innovation produit : L’ouverture du marché stimulerait l’innovation, avec l’apparition de nouvelles formules adaptées aux modes de vie contemporains.

Des normes de protection renforcées

L’harmonisation européenne pourrait également imposer des standards minimaux de protection bénéfiques aux emprunteurs. On peut imaginer :

  • La suppression généralisée du questionnaire médical pour les montants inférieurs à un seuil déterminé, sur le modèle français actuel (200 000 € par emprunteur).
  • L’uniformisation du droit à l’oubli pour les anciens malades, aujourd’hui disparate selon les pays.
  • Des obligations d’information précontractuelle harmonisées, incluant le TAEA (taux annuel effectif d’assurance) systématiquement calculé de la même manière dans tous les pays.
  • L’interdiction des pratiques abusives, comme le conditionnement de l’octroi du crédit à la souscription de l’assurance bancaire.

Les défis de la convergence tarifaire

Cependant, une harmonisation européenne soulève également des questions complexes. Les écarts d’espérance de vie, de systèmes de santé et de pratiques médicales entre pays membres rendent difficile l’établissement de barèmes tarifaires uniformes.

En France, l’espérance de vie atteignait 80,1 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes en 2024. Ces chiffres diffèrent sensiblement d’autres pays européens, ce qui justifie des tarifications actuarielles adaptées à chaque marché national. Une standardisation trop rigide pourrait créer des distorsions et pénaliser certains profils d’emprunteurs.

L'impact potentiel sur les banques et assureurs

Une redistribution des cartes pour les acteurs traditionnels

Pour les établissements bancaires français, une harmonisation européenne pourrait représenter un bouleversement majeur. Aujourd’hui, malgré l’ouverture progressive du marché depuis la loi Lemoine, les banques conservent encore 83,9 % des parts de marché en assurance emprunteur, contre 84,7 % avant l’entrée en vigueur de la réforme.

Une directive européenne imposant la libre concurrence pourrait accélérer l’érosion de cette position dominante. Les assureurs alternatifs, qu’ils soient français ou européens, disposeraient d’un cadre juridique encore plus favorable pour conquérir des parts de marché.

L’émergence de nouveaux modèles économiques

L’harmonisation favoriserait l’émergence d’acteurs paneuropéens spécialisés dans l’assurance de crédit immobilier. Ces nouveaux entrants pourraient proposer des offres innovantes, en s’appuyant sur :

  • Des plateformes digitales permettant de comparer instantanément les offres de plusieurs pays.
  • Des modèles de tarification personnalisée exploitant l’intelligence artificielle et le big data.
  • Des garanties modulables adaptées aux parcours de vie (mobilité professionnelle, expatriation, etc.).
  • Une gestion dématérialisée optimisant les coûts de distribution et répercutant les économies sur les cotisations.

Assurly : anticiper les évolutions du marché

Dans ce contexte d’évolutions réglementaires constantes, disposer d’outils performants pour comparer et optimiser son assurance emprunteur devient crucial. C’est précisément la mission qu’Assurly s’est donnée : vous accompagner dans la recherche de la meilleure protection au meilleur prix.

Un simulateur adapté aux enjeux de 2026

La plateforme Assurly vous permet de réaliser une simulation d’assurance emprunteur en quelques clics, en tenant compte de votre profil spécifique (âge, état de santé, profession, montant et durée du prêt). Cette démarche s’avère particulièrement pertinente dans la perspective d’une harmonisation européenne, car elle vous familiarise dès maintenant avec les réflexes de comparaison et d’optimisation qui deviendront encore plus indispensables demain.

Grâce à son réseau de partenaires assureurs, Assurly propose des contrats en délégation d’assurance respectant strictement l’équivalence des garanties exigée par votre banque. Vous bénéficiez ainsi de tarifs potentiellement bien plus avantageux que l’assurance groupe, tout en conservant une protection optimale.

Un accompagnement dans la durée

Au-delà de la simple comparaison tarifaire, Assurly vous accompagne dans toutes les démarches de changement d’assurance emprunteur, y compris la constitution du dossier de substitution et les échanges avec votre établissement bancaire. Dans un contexte où les pratiques pourraient évoluer rapidement avec l’harmonisation européenne, disposer d’un expert à vos côtés représente un atout précieux.

Les scénarios d'évolution pour 2026 et au-delà

Scénario 1 : Une harmonisation progressive et ciblée

Le scénario le plus probable pour 2026 consiste en une harmonisation graduelle portant d’abord sur les aspects les plus consensuels :

  • Standardisation de l’information précontractuelle avec une fiche européenne dédiée à l’assurance emprunteur.
  • Obligation pour tous les pays membres de permettre la délégation d’assurance et la résiliation facilitée.
  • Encadrement des pratiques commerciales pour éviter les abus (ventes liées, refus injustifiés, délais abusifs).
  • Harmonisation du calcul du TAEA pour faciliter les comparaisons transfrontalières.

Cette approche permettrait de conserver les spécificités nationales en matière de garanties et de tarification, tout en créant un cadre concurrentiel plus équilibré.

Scénario 2 : Une intégration ambitieuse du marché

Un scénario plus volontariste, bien que moins probable à court terme, verrait l’Europe imposer des normes communes contraignantes :

  • Définition européenne des garanties minimales obligatoires.
  • Création d’un passeport européen pour les contrats d’assurance emprunteur, reconnu dans tous les pays membres.
  • Harmonisation des règles de souscription, notamment concernant les questionnaires médicaux et le droit à l’oubli.
  • Mise en place d’une autorité de surveillance européenne spécialisée.

Ce scénario transformerait radicalement le marché, créant de véritables opportunités pour les emprunteurs mobiles au sein de l’Union européenne.

Scénario 3 : Le statu quo avec des ajustements nationaux

Enfin, l’Europe pourrait également décider de maintenir le principe de subsidiarité, laissant chaque État membre libre d’organiser son marché de l’assurance de prêt immobilier selon ses spécificités. Dans ce cas, seuls des ajustements marginaux seraient opérés au niveau européen, sans bouleversement majeur des pratiques actuelles.

Scénario Impact pour les emprunteurs Probabilité 2026
Harmonisation progressive Plus de transparence, facilitation des comparaisons, maintien des spécificités nationales Élevée
Intégration ambitieuse Marché unique, mobilité facilitée, forte concurrence, innovation accélérée Faible à moyen terme
Statu quo ajusté Évolutions limitées, réformes nationales poursuivies indépendamment Moyenne

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Profitez de la loi Lemoine sans attendre

Quelle que soit l’évolution du cadre européen, les règles actuelles vous offrent déjà des opportunités considérables d’économies. Depuis la loi du 28 février 2022 dite loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalités.

Selon les profils, les économies potentielles oscillent entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée totale du prêt. Pour un couple de 40 ans empruntant 200 000 € sur 20 ans avec une quotité de 100 % chacun, passer d’une assurance bancaire moyenne à 0,36 % à une délégation d’assurance à 0,12 % représente une économie de près de 19 200 € sur la durée du crédit.

Restez informé des évolutions réglementaires

Le paysage réglementaire de l’assurance emprunteur évolue rapidement, tant au niveau national qu’européen. Plusieurs sources officielles vous permettent de suivre ces changements :

Anticipez les tendances du marché

Les évolutions technologiques et réglementaires convergent vers une digitalisation accrue du parcours emprunteur. Les plateformes de comparaison en ligne, les souscriptions dématérialisées et l’accompagnement à distance deviennent la norme. Se familiariser dès maintenant avec ces outils vous permettra de tirer pleinement profit des opportunités futures.

Les points de vigilance pour 2026

Attention aux pratiques abusives persistantes

Malgré les avancées législatives, certaines pratiques bancaires freinent encore l’exercice effectif de vos droits. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a récemment sanctionné plusieurs établissements pour entrave à la loi Lemoine.

Les pratiques à surveiller incluent :

  • Les délais de traitement anormalement longs pour les demandes de substitution.
  • Les refus d’équivalence de garanties injustifiés ou mal motivés.
  • Les suggestions insistantes de souscrire l’assurance « maison » comme condition implicite de l’accord de prêt.
  • L’absence d’information annuelle sur le droit de résiliation.

En cas de difficulté, n’hésitez pas à solliciter le médiateur bancaire ou à signaler les pratiques douteuses aux autorités compétentes.

Vérifiez systématiquement l’équivalence des garanties

Le seul motif légitime de refus d’une délégation d’assurance par votre banque réside dans la non-équivalence des garanties. Cette notion, encadrée par le Code de la consommation, impose que votre nouveau contrat propose au minimum les mêmes garanties que celui initialement proposé par la banque.

Les garanties standard comprennent généralement :

  • Décès : Remboursement du capital restant dû en cas de décès de l’assuré.
  • PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) : Prise en charge si l’assuré se trouve dans l’incapacité définitive d’exercer toute activité rémunérée.
  • IPT (Invalidité Permanente Totale) : Couverture en cas d’invalidité supérieure à un taux défini (généralement 66 %).
  • ITT (Incapacité Temporaire de Travail) : Prise en charge des échéances durant un arrêt de travail temporaire.

Certains contrats proposent également une garantie perte d’emploi, optionnelle mais qui peut s’avérer précieuse selon votre situation professionnelle.

Un avenir prometteur mais incertain

L’hypothèse d’une assurance emprunteur « européenne » n’est plus un simple exercice de prospective. Les signaux convergent vers une harmonisation progressive des pratiques au sein de l’Union européenne, même si le calendrier et l’ampleur exacte de ces changements restent à préciser.

Pour vous, emprunteur, cette perspective représente une opportunité de bénéficier d’une concurrence accrue, de garanties mieux protectrices et de processus plus transparents. En attendant ces évolutions, la réglementation française actuelle, avec la loi Lemoine en tête, vous offre déjà des leviers considérables pour optimiser le coût de votre assurance de prêt.

L’essentiel consiste à rester proactif : comparez régulièrement les offres disponibles, n’hésitez pas à changer d’assurance si une offre plus avantageuse se présente, et restez informé des évolutions réglementaires. Les économies potentielles, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée d’un crédit, justifient amplement cette vigilance.

Dans ce paysage en mutation, les outils de comparaison et les plateformes spécialisées comme Assurly deviennent vos meilleurs alliés pour naviguer efficacement dans la complexité du marché et faire valoir vos droits. Car au-delà des débats institutionnels sur l’harmonisation européenne, c’est bien votre pouvoir d’achat et votre capacité à réaliser votre projet immobilier dans les meilleures conditions qui constituent l’enjeu principal.

L’année 2026 marquera-t-elle le début d’une nouvelle ère pour l’assurance emprunteur en Europe ? Quoi qu’il en soit, une certitude demeure : l’avenir appartient aux emprunteurs informés, proactifs et capables de saisir les opportunités offertes par un marché en pleine transformation.

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SONIA - REDACTRICE

Sonia écrit sur l'assurance de prêt immobilier depuis plusieurs années maintenant. Vous souhaitez changer d'assurance ? Ses articles sauront vous éclairer et vous donner toutes les informations nécessaires sur les garanties, le TAEA, les lois, les délais ou encore la résiliation en assurance emprunteur.

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